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 Hederian : Tranche de vie.

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Varkh

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MessageSujet: Hederian : Tranche de vie.   Dim 11 Oct - 20:07

Chapitre 1 : Déception.

J'attendais ... mais quoi ? Je ne sais pas vraiment ce que j'attendais. Elle était partie, et ne reviendrait certainement pas. Elle s'en était allée, dispersant mes belles paroles aux quatre vents. Je lui avais confié que je l'aimais, mais elle s'en est allée, m'abandonnant à mon triste sort, du haut de la tour surplombant la Grande Mer où nous nous étions réfugiés. J'observais le lointain depuis une passerelle offrant une vue plongeante sur toute la partie nord-est du Bois des Chants Eternels. Depuis combien de temps était-elle partie ? Combien de temps avais-je attendu ? Combien de temps allais-je devoir rester ici avant que quelqu'un ne remarque mon absence ? Je me laissais submerger par des questions sans importance, sans doute pour combler inconsciemment le vide de mon esprit.

Soudain, je la vis ; un soleil dispersant les ténèbres. Mon étoile, la lune qui accompagnait ma terre. Elle sautait de sa monture pour entrer dans la tour. J'entendais presque ses bottes taper contre les innombrables marches qui l'amèneraient jusqu'à moi. J'imaginais la scène, tourné vers l'horizon. J'allais me retourner, contempler son visage suppliant. Elle voudrait me récupérer, se faire pardonner ; nous allions nous embrasser tendrement, nous aimer jusqu'à ce que la mort nous sépare.

Elle était derrière moi, et je me retournais, sourire aux lèvres, contemplant son habituel air triste qui me faisait tant craquer. Elle s'approcha à pas lent, je n'osais tendre les bras. Elle se mit à mon côté et afficha une mine sans expression. Elle me parlait de sa visite chez un ancien chaman, de ce destin qui était sien. Elle était guérie, plus rien ne pourrait nous retenir de nous aimer. Mon coeur s'embrasa et je faiblis, la serrant contre moi, hûmant le parfum naturel de sa chevelure. Oui, elle était guérie, j'avais imaginé ça comme une chose merveilleuse, mais son inactivité provoqua l'arrêt de mon étreinte. Je la relâchais, la contemplant.

─ J'ai eu un choix à faire, me dit-elle calmement. Dans l'autre option, je n'avais qu'une chance sur cinq de rester en vie.

Mon sourire se brisa. Elle n'avait pas décidé de guérir pour nous, elle l'avait fait pour elle-même. Le masque tombait, elle n'avait jamais désiré que nous soyions plus que des amis. Après tout, qu'avais-je pu espérer ? Je n'étais qu'un elfe de sang lambda. Un habitant de seconde zone, ni riche, ni intéressant. Mon seul don résidait dans l'art du déguisement ... Des enfants auraient pu m'égaler.

─ Tu l'as fait pour survivre, répondis-je en hochant la tête.

─ J'ai une mission à finir.

─ Une mission à finir ?
, m'écriais-je.

─ Tu ne comprends donc pas ?, souffla-t-elle avec un air désolé.

Je secouais la tête, essayant de en vain chasser les questions qui se bousculaient dans ma tête. Je n'étais donc rien pour elle ? Vraiment rien ? Quelle pouvait donc être cette mission si importante qu'elle passait même avant ma propre existence ? Je ne suis donc qu'un raté d'elfe, comme l'avait pensé mes parents en me jettant à la rue quelques jours seulement après ma naissance ?

─ Mon unique objectif maintenant ne se préoccupe pas de savoir si je suis normale ou non, soupira-t-elle. Je suis une vaillante de l'Aube-d'Argent ... La guerre contre le Fléau doit s'achever ...

─ Et nous, on passe après, murmurai-je en baissant les yeux, me retournant pour lui faire dos.

─ Tu ne comprends pas ma cause ?

─ Et toi tu ne me comprends tout simplement pas, m'écriai-je d'un ton ferme, fronçant les sourcils. Pourquoi es-tu revenue ? Pour m'envoyer au visage que tu t'éloigne encore plus, maintenant qu'il n'y a plus aucune barrière ?

Elle me fixait sans dire mot, je n'ai su interprêter si c'était à cause de son agacement, ou si elle avait été triste. Un mélange de colère et de tristesse s'était formé dans mon coeur, comme s'il se déchirait de l'intérieur. Jamais je n'avais été blessé de cette manière. Je voulais qu'elle ressente ma douleur, qu'elle s'empoisonne avec ! J'avais été tellement blessé que je n'ai pu pleurer.

─ Je préfère m'en aller, soupirais-je alors que je m'approchais dangereusement du vide sans me retourner.

Elle s'approcha de moi, attrapant ma main droite, augmentant sans le savoir la taille de la déchirure qui saignait mon coeur meurtri. Je n'osais cependant repousser son geste, comme si ç'avait été le dernier que je partagerais avec elle.

─ Hederian, murmura-t-elle. Je tiens énormément à toi.

─ Tu as drôle de manières de le montrer, rétorquai-je sèchement.

─ Pardonne-moi, supplia-t-elle en baissant le regard, comme torturée par le regret, alors que je fermais les yeux. Pardonne-moi si je t'ai blessé. Je n'ai pensé qu'à mes propres soucis, je ne voyais que mon malheur. Pardonne-moi ...

J'aurais aimé lui répondre que je lui en voudrais à vie, que plus jamais nous ne serions amis. J'aurais aimé la blesser autant qu'elle m'avait blessé. En vérité, tout ce que je réussi à lui répondre fut que c'était déja pardonné. Je soupirais alors qu'elle me souriait, d'un de ces rares sourires auxquels je ne pouvais résister. En d'autres circonstances, j'aurais été illuminé par ce dernier, auquel j'aurais répondu sans broncher. Pourtant, ce soir-là, il fit s'abattre l'épée de Damocles qui pendait au-dessus de ma tête. Je n'arriverais à le lui rendre, même si je me forcais. Elle murmura mon prénom, alors que je détâchais ma main de la sienne, m'approchant au plus près du bord avant de me retourner vers elle.

Tu sais ce qui est le plus terrible ?, demandai-je alors d'un ton sec. Quand je t'ai vu revenir, d'en haut, j'ai imaginé des tas de choses. Je te voyais plonger dans mes bras en me priant de te pardonner, en m'embrassant. Je te voyais m'annoncer de bonnes nouvelles. M'annoncer que nous pourrions enfin vivre notre amour au grand jour. J'étais même prêt à faire abstraction de ce que je suis pour te récupérer. J'aurais oublié mes paroles. J'aurais oublié l'ultimatum que je t'avais imposé. J'aurais oublié qui j'étais. J'aurais tout oublié pour toi. Maintenant, je me rend compte que c'était peine perdue.

─ Ne dis pas ça ...

─ Mais après tout c'est pas grave
, murmurai-je en prenant un air dur, reculant ma jambe au-delà du vide. Puisqu'on est qu'amis.

Je me laissais tomber de la passerelle, la tête vers le bas. Elle criait mon nom, horrifiée. Je fermais les yeux, serein. J'aurais aimé qu'il y ait le sol au-dessous, pouvoir oublier mes problèmes par delà la mort. Mais je savais très bien que je n'aurais jamais eu le cran de me suicider. Je plongeais tête la première dans l'eau, trop profonde pour que je puisse me faire le moindre mal. Je nageais sous la surface jusqu'à une petite étendue de terre non loin. Je l'entendais vaguement. Elle hurlait mon nom, à répétition. Je pouvais la voir écumer les plages pour me chercher, bien que j'étais trop discret pour qu'elle ne puisse me voir, de là où j'étais. Alors que les cris s'estompaient, je désirais l'entendre à nouveau. Ne pouvant me résoudre à la rejoindre, trop fier, j'allumais un feu, espérant que la fumée lui signale ma position. J'observais ce dernier d'un air dur, les sourcils froncés. Elle s'approchait, le subterfuge avait fonctionné. Je n'osais la regarder, de crainte qu'elle ne me fusille du regard. Elle sanglota alors, et j'eu le courage de l'observer. Son visage était rougit et mouillé par ses propres larmes.

─ Je suis tellement désolée pour tout ça, murmura-t-elle alors je fermais les yeux, tant la voir si désemparée me peinait.

Elle vint s'asseoir à mon côté. Le crépitement du feu masquait le son des mouvements de sa robe bleue.

─ Sais-tu pourquoi je suis revenue ?, me demanda-t-elle alors que je secouais la tête. Je me suis forcée à te mentir, tout à l'heure. J'ai refusé de m'engager avec toi, car j'avais peur de devoir te perdre. Maintenant, je sais que je ne partirais plus.

─ Pourtant tu crées toi-même une barrière, ta lutte contre le fléau.

─ Le fléau n'est pas une excuse, rétorqua-t-elle. J'ai perdu ma soeur et de nombreux amis. Je me suis jurée de tout faire pour arrêter ça.

─ Alors vas-y, vas-t-en, crachai-je.

Elle soupira, reprenant son air sanglotant.

─ Tu ne comprends donc rien ...

─ Parce que tu as essayé de me comprendre ?

─ Non, en effet, soupira-t-elle. Je m'excuse, j'ai mal agit. Tu sais où me trouver ...

Elle se leva, laissant échapper un soupir interminable, et s'éloigna. Mon coeur vidé n'arrivait plus à suivre le cours du temps. Les secondes semblaient être des minutes, les minutes semblaient être des heures. Une voix me parvint, la sienne.

─ Hederian !!, cria-t-elle au loin. Tout n'est pas fichu !!
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Varkh

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MessageSujet: Re: Hederian : Tranche de vie.   Lun 12 Oct - 22:28

Chapitre 2 : Seconde Chance.

Un homme normal aurait été détruit, ou aurait tenté en vain de reconquérir le coeur de son aimée. Mais je ne suis pas un homme normal. Je me sentais soulagé, comme si le poid d'un lourd fardeau s'effaçait de mes épaules. Maintenant que l'une des deux femmes que j'aimais ne voulait plus de moi, je n'avais plus qu'à me concentrer sur l'autre, tout simplement. Jamais, ô grand jamais, je n'aurais à refaire cette bêtise que de tomber amoureux deux fois dans la même journée, il me suffisait de n'aimer que l'une des deux, de ne plus partager mon amour en parts égales.

Je savais très bien où la trouver : elle aimait se balader dans les ruelles de Lune-d'Argent, habillée le plus souvent de robes aux formes excentriques mais qui ajoutaient tant à son charme qu'il était difficile de la regarder dans les yeux. Elle me faisait signe, souriante, et je les lui rendais. J'approchais à grand pas, comme si seule sa présence pouvait ressouder la déchirure de mon coeur. Il s'était passé tant d’évènements, ce soir-là … Comme d'habitude, nous avions discuté de choses et d'autres, ne pouvant nous empêcher de rire aux moindres remarques de l’autre. Elle avait le don de rendre les gens heureux, qu'ils le désirent ou non. Elle rayonnait de bonheur, et son aura nous forçait à la suivre dans sa bonne humeur. Je pourrais vous détailler nos discussions idiotes ou tenter de décrire sa beauté insolente, je pourrais même essayer vainement de vous expliquer à quel point elle était chère à mon coeur, mais ce serait inutile. Vous ne pourriez pas comprendre.

Nous n'avions fait que discuter en tant qu'amis. Elle voyait sans doute en moi un confident, un chien de garde fidèle, mais ça me convenait tant que je pouvais rester auprès d'elle. Elle avait déja un compagnon : un membre de la Lame d'Ebène du nom d’Ichtarius ... vous imaginez ? La belle et la bête. Comme tous les siens, il était parti faire campagne dans le Norfendre, pour ne plus jamais en revenir. Personne ne savait vraiment où il était, ou ce qu'il était devenu. A vrai dire, je ne voulais pas savoir. Je caressais l'espoir qu'il l'ait oublié, que leur amour n'ait été qu'une passade pour lui, un caprice. Alors que je me ressassais mes espoirs en boucle dans ma tête, elle affichait sa garde-robe avec fierté. Quel plaisir les femmes retirent-elles à avoir autant de tenues différentes ?

Elle les essaya une par une, les soumettant à mon regard critique. Je louchais plus d'une fois sur ses robes aux décolletés plongeant, et elle riait en observant mes réactions. Nous étions comme un jeune couple qui se cherche, comme deux amoureux intéressés mais trop timides pour se l'avouer. Du moins, c'est ainsi que je le concevais. J'étais heureux à ses côtés, et je sentais que quelquepart la douleur causée par l'absence de son aimé s'estompait à mon contact. Je m'approchais d'elle, certains qu'elle était mon avenir, prêt à l'embrasser à la première occasion qui se présenterait. Je devais y parvenir, je devais sceller notre amour, qu'elle oublie celle qu'elle aimait pour celle qu'elle aimera désormais.

Alors que je continuais à m'approcher d'elle à pas feutrés, j'entendis le loquet de la porte s'ouvrir. Derrière elle s'avançait un homme au regard vide, dont la tenue sombre ne me décrivait que trop la personne dont il s'agissait. J'observais mon amour : ses yeux écarquillés ne démontraient que trop sa surprise. Sur son visage se dessinait le plus beau sourire qu'elle ait affiché depuis que nous nous connaissions. Ma blessure se rouvrait peu à peu. Je saluais le Chevalier de la Mort qui ne prit même pas la peine de serrer la main que je lui tendais. Il fallait que je sorte, que je m'enfuie. Peu à peu, alors que j'errais dans les ruelles à la recherche d'un but, je prenais conscience que je venais de perdre la seconde femme de ma vie.

***

Quelqu'un avait posé sa main sur mon épaule, et j'ouvrais les yeux. Où étais-je ? Qu'était-il arrivé ? Ca me revenait : j'avais bu, trop bu. Une bouteille, deux bouteilles ... dix bouteilles ? Des images s'imprimaient dans ma mémoire. J'avais bu jusqu'à plus soif, fait des rencontres toutes plus étranges les unes que les autres, et quelqu'un m'avait raccompagné à ma chambre, îvre. J'avais continué à boire cependant, laissant les cadavres des bouteilles vides un peu partout dans la pièce. Je plissais les yeux pour mieux observer ce qui m'entourait. Une femme prononça mon nom.

─ M'man ? ... marmonais-je en observant la femme floue mais pourtant magnifique qui s'était assise près de moi sur le lit. Ah non, je l'ai jamais connu c'est vrai.

J'adressais un rire bête à cette dernière, l'esprit encore bien embrumé par l'alcool. J'approchais mon visage du sien, m'arrêtant à une dizaine de centimètres pour observer ses yeux.

─ Elin...dora ?

Oui, c'était elle. Elle m'était revenue, finalement. Ses dernières paroles n'avaient pas été que du vent. Tout n'était-il vraiment pas fichu ? Avions-nous réellement un avenir ?

─ Mais dans quel état es-tu ?, soupira-t-elle.

─ J'ai envie de dire ... la faute à qui ?, lui crachais-je au visage en arborant un sourire niais avant de laisser ma tête retomber contre le lit.

─ Bon, on va déjà arranger ça, déclara-t-elle en sortant de sa sacoche une petite fiole verdâtre. Avale ça.

J'haussais les épaules et n'opposait aucune résistance. J'aurais accepté sans broncher n'importe quel poison pour abréger mes souffrances. J'ouvrais grand la bouche et enfoncait le bout de la fiole dans cette avant-dernière. Elindora soupira alors que je marmonnais des choses que moi-même je n'ai pu comprendre. Elle attrapa rapidement la fiole avant d'en retirer le bouchon. J'avalais désormais le liquide au goût neutre ; mon poison avait un goût amer. Je sombrais dans une semi-inconscience pendant plusieurs minutes alors que les derniers effets de l'alcool s'estompaient lentement. J'aurais voulu me relever, la serrer dans mes bras, l'embrasser avec audace ... mais mon statut d'homme banal m'avait rattrapé, et ma fierté me força à rester immobile, l'observant avec un air neutre.

─ Tu te sens mieux ? s'enquit-elle.

─ Je préférais quand je ne comprenais pas ce qui m'entourait, déclarais-je alors en passant un coussin sur ma tête.

─ Ma compagnie est-elle devenue si gênante ?

─ Tu m'as envoyer pètre, me dépêchais-je de lui rappeler. Deux fois. Un troisième round ?

Elle sentait bon. Son parfum floral parvenait à mes narines, et je me sentais apaisé. Jamais je n'aurais cru devenir aussi dépendant de quelqu'un. Se rendrait-elle compte un jour que j'avais failli la faire passer après une autre, alors qu'au fond je l'aimais ?

─ Ne dis pas de sôtises !, s'écria-t-elle.

─ Tu appelles ça comment, toi ?

─ Ecoute moi bien ... Je comprend ton chagrin, et sache que je ne voulais pas en arriver là. J'ai voulu contrôler notre avenir, mais j'ai...

─ "Notre avenir" ? la coupais-je. A vouloir tout contrôler, on perd l'équilibre et on se casse la gueule. Mais parfois ce sont les autres qui se cassent la gueule pour nous. Si tu avais laissé les choses aller comme elles devaient être, on en serait pas là.

Je soupirais longuement, prenant soudain conscience du ton agressif que j'avais utilisé pour m'adresser à elle.

─ Je vais essayer de faire en sorte que tu me pardonnes.

─ Tu ne sais même pas pour quelle raison je t'en veux.

Elle ne pouvait savoir, ni même s'imaginer. La déception que j'avais vécu cet après-midi à peine pesait encore lourd dans mon coeur.

─ Tu es déçu car tu croyais qu'après ma visite chez le chaman, j'étais revenue pour toi. Tu espérais que j'avais fait mes choix pour toi, pour nous.

Elle savait ? ...

─ Et comment tu veux te faire pardonner de ça ?, m'enquis-je.

─ Je ne sais pas encore, mais je trouverais un moyen. Je ne veux pas te perdre.

─ Tu sais très bien au fond de toi ce que j'attend.


Je la voulais, elle. Je me surprenais à l'imaginer m'embrasser. Elle posa délicatement sa main sur mon épaule et j'eu un sursaut intérieur, comme si mes rêves allaient devenir réalité.

─ Oui, je le sais très bien, soupira-t-elle. Mais sache que si ce soir je suis disposée à me faire pardonner, je ne vais pas te tomber comme ça dans les bras. A part râler, boire et te mettre dans un état lamentable, que penses-tu pouvoir être apte à faire pour conquérir mon coeur ?

─ Tu veux vraiment savoir ? lui demandais-je, attendant son hochement de tête pour poursuivre. J'ai déja abandonné cette idée. C'est à toi de me reconquérir. C'est moi qui suit déçu, et regarde qui vient se moquer de l'autre. T'es pas sensée te faire pardonner au lieu de me faire remarquer que j'ai stupidement noyé mes chagrins dans l'alcool ?

Elle se leva et soupira.

─ Si c'est ce que tu attends, je vais m'excuser, murmura-t-elle avant de marquer une pause. Je ne sais même pas par quoi commencer ... Comme je te l'ai dit, tu es un des rares avec qui je m'entend bien, et cette amitié compte beaucoup pour moi et me plait énormément. Mais avec la situation particulière d'avant, j'ai eu peur de céder à mes sentiments ... Qui aimerait voir son amour s'en aller au loin ? Mais ce soir, j'ai fait un choix : j'ai choisi de rester telle que je suis, et par la même de tirer un trait sur toute ma vie d'avant. C'est vrai que j'ai dit avoir fait ce choix pour servir l'Aube-d'Argent ... Mais en réalité si j'ai fait ce choix, c'est parce que je savais que je ne serai pas seule. Je savais que tu serais là pour moi. Mon unique appui, ma seule force. Si je ne te l'ai pas avoué c'est parce que ... Je suis trop lâche pour faire face à mes sentiments.

Je soupirais. Elle avait déjà trop parlé et je ne pouvais me retenir d'agir en l'observant commencer à sangloter. La laisser dans cet état aurait été cruel. Je me relevais en soupirant puis la serrais tendrement dans mes bras, arborant un petit sourire discret.

─ Voilà, c'est ça que je voulais entendre, murmurais-je à son oreille.

Elle se pelotonnait contre moi, commençant à pleurer. Je reconnaissais là mon Elindora dont la fragilité me faisait tant craquer. Je la serrais d'autant plus fort qu'elle pleurait avec intensité.

─ Ne me laisse pas, sanglota-t-elle en tentant vainement d'arrêter ses larmes.

─ Plus jamais.

J'humais à nouveau l'odeur enivrante, coincant mes narines dans l'entremêlement de ses cheveux. Nous restâmes ainsi plusieurs minutes durant, avant que je ne prenne un peu de recul pour placer ma tête à quelques centimètres de la sienne. Elle rougissait de plus en plus à mesure que j'approchais mes lèvres des siennes, pour finir par y déposer un tendre baiser.
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