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 Varkh, le Cherche-Guerre.

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Varkh

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MessageSujet: Varkh, le Cherche-Guerre.   Sam 26 Sep - 3:43

Partie I : Opposition.

Nous étions là, l'un face à l'autre. Ma colère était telle que je ne pouvais soutenir son regard. Je savais très bien quelle aurait été ma réaction si j'avais seulement osé observer ses yeux plein de perversions. Il s'avancait lentement vers moi, et mon esprit embrumé par ma rage semblait prendre le pas sur ma raison. Je haletais, tremblant, tentant de contrôler mes pulsions. Je savais que je ne pouvais pas faire face seul contre lui et ses sbires, et pourtant je devinais facilement, déjà, comment tout ça allait tourner. Mes bas instincts, mes démons, m'appelaient à eux.

Je n'étais plus moi-même, n'étant plus que l'instrument de la vengeance que mon coeur réclamait, n'étant plus que son outil. Il riait. Il osait rire en me regardant, comme si je n'étais qu'un simple animal enragé, une vermine à exterminer ; une formalité à remplir. Ce rire me ramena à de plus anciens souvenirs, j'étais torturé par ces derniers. Je revoyais mes parents gisant au sol, à peine reconnaissables tant ils avaient été mutilés, sans doute de leur vivant. Des morceaux de chair leur avait été arraché, en guise de simple repas pour leurs goules, sans doute. Non loin d'eux, un cadavre d'orc calciné brûlait au centre d'un feu de joie, j'imaginais avec faiblesse qu'il s'agissait de mon jeune frère, Karnash. Je pleurais ce soir-là, hurlant de toutes mes tripes, maudissant la lune si brillante et ronde qu'elle me dévoilait chaque détail de leur état pitoyable. Je maudissais le Fléau. Je maudissais mon impuissance. Je maudissais la lune de dévoiler ce que je n'avais pu voir avant que cela n'arrive. Oui, je me détestais. Je détestais mes poings impuissants, incapables de protéger ma propre famille.

Je ne pouvais lui pardonner, non. Je rêvais de le tuer depuis si longtemps, de perdurer ses souffrances aussi longtemps qu'il avait torturé ceux que j'aimais. Je savais que je ne pouvais plus me contrôler, je n'arrivais presque plus à parler. Il rompit le silence.

- J'ai toujours aimé sentir la peur qui se dégageait de mes victimes, s'esclaffa-t-il. Toi, tu es différent. Ta saveur est ... particulière. Cela sent ...

- La vengeance, le coupai-je, le foudroyant d'un regard tel qu'il arrêta de s'approcher.

Il m'observait, haussant les sourcils, un petit sourire vicieux au creux des lèvres. J'étais trop concentré sur la manière dont j'allais le tuer pour essayer de comprendre ce qu'il tentait de me dire, car c'était certains : J'allais le tuer, détruire en lui tout soupçon de vie qu'il pouvait lui rester. J'allais écraser ce visage, et m'extasiais déja en un large sourire de sa mort prochaine, mes yeux grands ouverts me rendant semblable à un fou. J'imaginais ses possibles supplications alors que j'allais contempler sa peur, que j'espérais amener au même niveau que celle de ma famille. J'étais tellement euphorique dans ma démence que je ne pouvais contenir ma propre bave dans ma bouche, comme si j'avais été tenté par le plus délicieux des mets du monde. Dans mon brouillard intérieur, je percevis un « Oh ! » au ton joyeux.

Ayant replongé malgré moi dans mes souvenirs, me revenaient certaines de mes décisions, de mes convictions : je devais le tuer avec mes poings, sans le trancher, juste l'abîmer jusqu'à son dernier souffle. Réduire à l'état de bouillie ce visage impie jusqu'à ce qu'il ne soit même plus reconnaissable par le Roi-Liche lui-même. J'avais abandonné ma large masse, abandonné mon épée de noble facture. J'optais pour des armes de pugilat sans lames, des armes guerrières dont l'unique but pervers était de faire souffrir les adversaires avant de les tuer. J'avais envie de lui expliquer ce qui allait lui arriver, lui expliquer que j'allais le tuer, créer la peur dans ses yeux, mais aucun mot ne sortait, je me contentais de rire comment un dément. Même les deux goules qui accompagnaient mon ennemi juré semblaient appeurées, de mon point de vue brouillé.

Je tremblais d'excitations, maintenant. Tentant de prendre appui sur l'un de mes pieds, je me rendais compte de la raison de ma démence : au sol jonchaient des corps. Ceux de membres du Fléau, dont le sort était amplement mérité depuis leur simple retour à la vie sur cette planète, dont l'essence même n'était que souillure à purifier. A leurs côtés, de très nombreux corps d'orcs et de trolls de la Horde, tués dans la rage des combats, n'ayant pu être relevé à l'état de mort-vivant tant leur état fut horrible. Nous n'étions plus que quatre dans la vaste salle unique de cette Ziggourat. Soudain, des images me ramènèrent dans le passé ; je comprenais ce qui m'avait amené ici. Je me revoyais supplier les haut placés de la Horde de me faire participer à cette mission, même si je n'étais qu'instructeur. Je les revoyais hésiter, contemplant la fureur présente dans mes yeux. Nous étions venu tuer un agent du Fléau, dans une ziggourat quelconque de la Toundra Boréenne. Pour moi, il était bien plus que ça. C'était ...

- ... la raison pour laquelle je vis encore, murmurais-je.


Dernière édition par Varkh le Ven 2 Oct - 10:31, édité 5 fois
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Varkh

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MessageSujet: Re: Varkh, le Cherche-Guerre.   Dim 21 Fév - 4:00

Partie II : Clair de lune.

C'était trop tard, je ne pouvais plus renoncer. De toute manière, même si j'en avais trouvé la force, je n'aurais pas fait machine arrière ; je n'aurais pas fuit. Il avait reprit sa marche funèbre dont l'arrivée signait mon trépas, avancant d'un pas lourd. Et ce sourire ... Je voulais le briser. Détruire son âme à tel point qu'il ne réussirait plus jamais à émettre quelconque mimique faciale que ce soit. Il avait fait signe à ses goules de rester en arrière : lui et moi étions certains de sa victoire prochaine. Alors que la brume se dissipait, que la peur remplacait la haine, je commençais à regretter ma rage passée. Le désespoir s'insinuait dans mon esprit, balayant mon courage comme fond la neige au soleil.

- Que t'arrive-t-il ? s'esclaffa-t-il, arborant un air triomphal. On dirait que tu commences peu à peu à comprendre. Tu n'es pas de taille face à moi.

Il avait raison. Tout en moi m'invitait à reculer, acte que j'aurais accompli sans remors si mes jambes acceptaient de bouger. C'en était fini. Au mieux, je pourrais le blesser légèrement avant d'y laisser ma peau. Il marchait vite, n'étant désormais qu'à quelques mètres de moi. Il ne lui fallait que quelques secondes pour me rejoindre, mais pour moi, ces secondes semblaient éternelles. Comme si le fil de ma vie se retracait dans mes yeux. Ma jeunesse folle et insensée, le clan qui m'a recueillit malgré les dangers, les relations conflictuelles avec mon frère, mon entrée dans l'armée, l'instructeur Gorkhan, un sacré connard qui aimait les abus de pouvoirs, ma rencontre avec des héros, même si je ne les avais qu'entraperçus.

Et aussi ... Cet orc fou, ce berserker, comme il se nommait lui-même. Un combattant dont l'art du combat ne dépendait pas de sa forme physique ou de ses dons magiques, mais de son abilité à improviser, à agir sans réfléchir aux conséquences, à mettre en jeu sa propre vie pour vaincre son ennemi, quel que soit l'enjeu. Soudain, ce fut clair comme de l'eau de roche. Je devais copier cet orc, je devais ÊTRE cet orc ! L'espace d'un combat, je ne devais plus réfléchir aux conséquences, mais à la finalité. Pour vaincre, il me fallait surprendre. Je baissais les yeux, feintant l'acceptation, cherchant une arme à laquelle me fier, quelquechose dont même mon ennemi ne se serait douté que je l'utilise.

Alors qu'il n'était qu'à un mètre de moi, un objet attira mon attention, au sol, à son côté droit. Le plan ne mit qu'une seconde à se mettre en place, le même laps de temps nécessaire à mon adversaire élancer sa lourde épée vers mon flanc droit. Je savais dors et déja qu'il allait procéder de cette manière, il préférait attaquer de côté plutôt que de face, je l'avais remarqué lors de la bataille précédant notre affrontement. Il agitait sa lame avec une facilité déconcertante, je savais très bien qu'il aurait pu arrêter son attaque à n'importe quel instant si j'avais tenté une feinte afin de préserver mon corps. Je savais quelle était l'unique option qu'il me restait désormais. Plongeant à sa droite en effectuant une roulade à ma réception, je ramassais furtivement l'objet qui à mes yeux représentait l'espoir. Une douleur intense enflamma mon abdomen ; mon adversaire avait poursuivit son geste, suivant mon corps grâce à la trajectoire de sa lame. A la hâte, je m'aidais de ma main libre pour arrêter le tranchant de son arme : Mauvaise idée. Le métal de mes gants céda, et ma main fut exposée, à moitié tranchée, les doigts ne tenant plus que grâce aux os. Je ne pouvais renoncer ici, j'étais déja si proche du but ! Dans un ultime effort, je relâchai la lame pour attraper son poignet, fermement, la pression augmentant ma douleur. C'était terminé. Je brandissais déja le fusil troll de mon autre main, précédemment ramassé lors de mon plongeon, et pointait son canon vers sa tête.

J'aurais aimé trouver les mots marquants. Dire quelquechose comme "Celle-ci est pour ma famille", m'écrier une phrase qu'il puisse ruminer au-delà des enfers. En vérité, sur l'instant, je n'ai rien trouvé. Il avait perdu son sourire, son visage avait prit un air horrifié. Lui comme moi savions quelle était la suite des évènements, mais contrairement à mes attentes, je n'en tirais aucun plaisir. Lentement, je pressais mes doigts contre la gachette.

Oui. C'était bel et bien terminé.


Dernière édition par Nead le Jeu 6 Mai - 19:25, édité 1 fois
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Varkh

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MessageSujet: Re: Varkh, le Cherche-Guerre.   Dim 21 Fév - 4:00

Partie III : Désespoir.

Ma vengeance était accomplie. J'avais toujours vu ce moment comme étant le recommencement de ma vie, le moment où j'aurais pu repartir à zéro, une nouvelle fois. J'avais imaginé que, pleinement satisfait, j'aurais pu sortir de mes propres ténèbres, m'éloigner de mes démons. Autrefois, je me voyais revenir à Orgrimmar le coeur vidé de toute douleur, arborant un air triomphal. La vérité, c'est qu'il n'en était rien. Je me sentais vide. La douleur de mes blessures n'était rien comparée à celle de mon âme. Plus rien ne vivait en moi, et j'aurais accepté de mourir en cet instant. J'étais venu pour pouvoir reprendre goût à la vie, mais je n'y avais trouvé que le désespoir. La puissance de mon arme à feu n'était peut-être pas assez puissante pour accomplir mes desseins, pour annihiler son visage détestable, mais elle l'était assez pour lui ôter la vie. Je sentais quelquechose perler sur mon visage. Du sang ? ... Non, des larmes. Je pleurais, mais pourquoi ?

Mon ennemi tombait au sol, m'observant dans sa chute, un air triste dans le regard. Lui aussi pleurait. Sans doute regrettait-il sa propre mort, ai-je pensé. Au travers de ses prunelles d'un bleu vif, je me voyais. L'expression de mon visage pareille à la sienne. C'est alors que je compris. Il était au sol à présent, j'avais été tellement absorbé par son air compatissant que je n'avais même pas entendu le bruit annonçant la fin de sa chute.

- Je suis ... désolé, se confessa-t-il dans son dernier soupir.

Je ne comprenais pas la signification de ses paroles, ou plutôt, je ne voulais pas les comprendre. J'aurais préféré retrouver son sourire hideux plutôt que de découvrir la face cachée de mon adversaire. Je ne pouvais désormais plus retenir mes larmes, qui coulaient à flot. Mes maux me ramenèrent à une réalité plaisante : J'allais mourir. Mes dernières blessures avaient entaillé presque un tiers de mon adbomen, et je devinais sans y penser que ma main ne pourrait plus rien tenir jusqu'à ma fin prochaine. Pour la première fois de ma vie, j'acceptais la mort en lui tendant les bras. J'étais heureux qu'elle vienne à ma rencontre, je n'aurais pu vivre avec une telle douleur dans mon coeur. Le vide qu'avait laissé la fin de ma vengeance n'aurait pu être comblé.
Je sentais les ombres m'envahir. Mon esprit s'évadait. J'imaginais avec satisfaction que les goules allaient certainement tailler mon corps en pièce, en guise de repas. Je n'y voyais plus, désormais, la vie m'abandonnait peu à peu. La douleur m'abandonna à son tour quelques secondes plus tard.

- Il est ici ! s'écria une voix lointaine.

Anisha ? Non, c'était impossible. Cette orque était à Orgrimmar. Est-ce ça, ce qui nous attend après la mort ? Est-ce que l'illusion des gens qui nous sont proche nous accompagne dans notre trépas, comme pour faciliter notre passage dans l'au-delà ? Y a-t-il donc une lumière au bout de ce tunnel sombre ? Anisha ... Je me souvenais de nos jeux amoureux. Elle était une guerrière confirmée, et supportait mes colères lors des entraînement sans broncher. Elle était l'une des rares à me tenir tête, peut-être également une des rares à s'intéresser à moi malgré ma morosité. Peut-être aurions-nous fait notre vie ensemble, fondé une famille, si je n'avais pas été tellement absorbé par ma vengeance pour m'être ne serait-ce qu'un peu intéressé à elle. Je l'aimais peut-être sans m'en être rendu compte, ou au moins je l'appréciais plus que nulle autre.

- Dépêchez-vous, il est gravement blessé !
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