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 Cinquième jour du huitième mois, an 34.

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Salve-Serre

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Messages : 162
Date d'inscription : 13/06/2014
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MessageSujet: Cinquième jour du huitième mois, an 34.   Dim 10 Aoû - 1:44

Faire face à ses plus grandes peurs a toujours été un exercice compliqué. Les braver et y puiser son courage, tout autant.
Mais peut-être devrait-on commencer par le début.

C'était une mission ordinaire, un soir frais à Mulgore où nous attendions sans beaucoup de mots, l'arrivée de l'employeur, l'humain nommé Soltern.
Il avait déjà causé des ennuis mais, expédition en milieu dangereux, contre des démons, la paie était suffisante pour justifier quelques instants en sa compagnie. Nous étions nombreux, et généralement ça donne la force de ne... créer aucun incident fâcheux.
Et en effet, la seule chose qu'il advint de nous -pour le moment- fut une téléportation sur un navire en route vers les Terres Ingrates. Moyen de transport plus sûr que le zeppelin à n'en pas douter, mais une nouvelle plaisanterie sur le sujet pourrait en mécontenter certains.
Beaucoup y avaient l'air à l'aise, ou même dans leur élément naturel, mais personnellement je me demandais à chaque roulement s'il n'y avait pas un moyen de m'enfuir plus sûr que de sauter du pont. Encore heureux, mon envie de rendre par-dessus bord a été laissé à ma discrétion.

Nous avons enfin débarqué, après quelques minutes de trajet, sur un petit quai où Soltern nous a distribué des fioles d'eau sacrée. Sage décision pour un homme qui ne manque pas de bon sens, à défaut de morale. Fioles, gemmes, pendentifs de protection contre les démons, conseils divers, la préparation est toujours le meilleur biais de réussite, en particulier contre un ennemi aussi puissant.

La prise de renseignements a été aussi courte que... vide de véritables indications mis à part le fait que les gobelins de Lumèche ont des représentants féminins (?) encore plus immondes que d'habitude, et des noms encore plus stupides.
La sortie Nord... nous n'avions que cette précision concernant la disparition de plusieurs des gobelins de la ville, en plus des informations données par Soltern. Des invocateurs ogre, un Nathrezim, ça ne présageait rien de bon.

En réalité la suite fut rapide, simple. Une descente vers le désert de poussière rouge, l'élimination d'une sentinelle. Une fois arrivés en bas, l'aura des démons m'agaçait déjà, et je voyais Adryelle et le Capitaine presque piaffer à mes cotés. C'est une foutue sensibilité qui nous permit probablement de prendre les devants, et attaquer les ogres par surprise.
L'élimination était simple, sans dommages, ça aurait pu être un plan sans accro.
Mais le campement était en vue et... nous l'étions aussi. L'alerte fut donnée, les ennemis chargèrent alors que notre retraite, désorganisée, nous mena à l'abord de la crête, où grimpèrent les arcanistes, et Anyel.
C'est Anyel qui nous sauva tous, probablement. Tandis que la trentaine d'ogres et de démons, mêlés dans l'exaltation d'un massacre prochain se lançaient à notre rencontre, une dynamite posée par le jeune forestier fit s'ébouler une partie de la crête sur la troupe.
Quelques démons en réchappèrent, mais bien que dangereux, ils étaient en sous-nombre. Chiens et Gangregardes furent rapidement éliminés par les haches du Capitaine, les griffes de Tare'sha, la Lumière d'Adryelle, et chaque coup que nous portions avec férocité.

Mais la mission n'était pas finie, loin de là. Nous ne nous attendions pas à être attaqués par surprise, après un combat déjà éprouvant pour les esprits, et c'est le pire ennemi que nous pouvions imaginer, qui se matérialisa dans un tourbillon d'ailes de cuir, au centre de notre petit groupe.
Un Nathrezim qui dispensait une aura telle que chacune de nos peurs, infligées à l'extrême à nos esprits affolés, ressurgirent chez nous. Quelles étaient-elles ? Peu importe, mais quelques esprits moins sensibles peut-être à l'aura, se relevèrent et frappèrent la bête, affrontant la peur elle-même dans une fureur vertueuse qui donna le temps à Lisonelle de se relever. Et de chanter.

Un chant qui souleva les âmes, qui envahit les cœurs, et chacun se vit affecté d'un courage nouveau.
Le démon était fort, comme tous s'y attendaient. Le Capitaine ainsi qu'Adryelle en firent les frais, l'un jeté à terre, l'autre projetée contre un rocher avec une force qui dépassait les communs des créatures Azerothiennes.
Je n'ai pas un souvenir précis de la suite des événements, mais je sais que la fiole d'eau sacrée que je gardais sur moi, vint rencontrer le visage du Nathrezim et qu'il tomba à genoux. Je me souviens d'un nouveau tourbillon de chauve-souris, d'un tintement qu'ont fait ses brassards en tombant au sol, de l'aura hideuse qui me brûlait la peau.

Je sais que nous avons pris un portail pour les Pitons-du-Tonnerre, je transportais le Capitaine. Mes esprits ne me revinrent complètement qu'après avoir retiré mon armure.
Désormais nous attendons le paiement, et le Capitaine rouspète encore de ne pouvoir gambader à sa guise.
Au final, n'était-ce pas une soirée plus extraordinaire que les autres ? Affronter ses peurs, j'ai le sentiment que tout le monde s'en cache, par pudeur ?
Je l'ignore, mais je n'oublierai pas, et je sais que s'il y a une prochaine fois, nous serons prêts.
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Inwëriel

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Messages : 75
Date d'inscription : 16/06/2012

MessageSujet: Re: Cinquième jour du huitième mois, an 34.   Lun 11 Aoû - 12:04

J’aurais aimé que le client oublie la mission confiée, que s’écraser en zeppelin suffise à remplir ses désirs et qu’il disparaisse de la vie de l’académie. Ce n’est pas vraiment que ce gaillard me fout la trouille… Ouais, enfin honnêtement, il est un tantinet terrifiant. Pas en raison d’une puissance quelconque, bien que je ne remette pas la sienne en cause, mais plus parce que j’ai de la peine avec les gens fous qui peuvent brusquement se retourner contre vous parce que vous ne les avez pas brossé dans le sens du poil. Bref, là n’est pas la question.

Quelques jours plus tard, le client est revenu. Il avait préparé une sorte de pierre de téléportation qui nous a conduit en mer, sur un navire, le Destin Funeste. Je l’ai gardé à l’œil bien qu’il semblait au moins assez concentré sur la mission pour ne pas nous jouer une entourloupe immédiate. Le silence, peut-être un soupçon de tension, régnait en maître. Une seconde, la seule où j’ai daigné arrêter de fixer Soltern, j’ai constaté que le malaise de Salve-Serre en mer était réel. Le temps de divaguer en pensées sur les possibles raisons pour cela, toutes plus romanesques les unes que les autres, nous étions déjà arrivés à terre.

Là, après un rappel de mission et quelques consignes supplémentaires de sécurité, la distribution des amulettes bénies par Lisonelle, quelques fioles d’eaux sacrées ou bénites – je ne sais pas la différence honnêtement – ont été mis à notre disposition par le client. Enfin sauf pour moi parait-il, mais cela ne m’a pas empêché d’en récolter une généreusement offerte par l’une ou l’autre paladine du soir. Je crois que c’était celle de Naestrae, mais j’avoue ne pas m’être vraiment attardé dessus. Nous nous sommes alors dirigé vers Lumèche.

A peine arrivés, nous étions abordés par une gobeline âgée en pleurs. Elle nous signalait ainsi la disparition de plusieurs villageois, son petit-fils en tête. Je ne m’attarderai pas sur les noms gobelins un peu particuliers, ils l’ont toujours été. Néanmoins, Lumèche doit avoir une politique sur le sujet particulièrement moisie. Nous avons réussi à comprendre que le jeune homme s’était enfui pour courir après sa « petite amie » qui avait disparue la veille. L’ambiance du village collait avec les réactions de la dame : Une sorte d’ombre de peur et de panique se tapissait sur chaque visage et semblait étrangler la population. Quelques gardes se tenaient aux entrées pour faire le guet et le reste était majoritairement caché. La vieille nous a indiqué la sortie prise par les disparus et nous sommes mis en route.

Fort heureusement, le Client nous a épargné sa présence. Ceci m’a permis de me concentrer d’avantage sur l’ennemi et moins sur le potentiel fou furieux parmi nous. Je n’en menais pas large. Mes connaissances sur les démons se limitent à ce que j’ai pu en lire dans les livres. Mon expérience de combat contre des démons ? Hormis trois-quatre diablotins et autant de succubes avec leurs invocateurs de format standard – et pas en une fois naturellement -, c’était une grande première. Depuis l’annonce de la mission, je m’étais replongé dans les ouvrages de références pour tenter d’établir des stratégies personnelles pour chaque type de démons. Oui, je sais, tout ne s’apprend pas dans les livres et les stratégies sans contextes ne servent pas à grand-chose. Toutefois, j’estime qu’il est mieux d’avoir une basique connaissance des forces et des faiblesses pour mieux réagir en situation. Cela évite par exemple de s’acharner de magie sur un chasseur corrompu.

Nous avons vite découvert le camp. Les plus sensibles aux auras démoniaques sont rapidement devenus plus hargneux. Les auras lumineuses se sont développées en conséquence pour contrecarrer les effets des premières. Autant dire que si les démons ne nous avaient pas sentis venir, on venait de leur agiter des lanternes pour leur signaler notre présence. Personnellement, j’ai beau être sindorei, je n’ai aucune sorte de compétences propres plus efficaces contre ce genre d’ennemis. Aussi, j’ai vite passé l’amulette de protection à mon cou. Elle a émis une note claire et pure. J’en ai esquissé un sourire. Le coté prêtresse de Lisonelle ne se formatait pas au standard en la matière et le fait qu’elle mâtine ses créations de musique avait un coté rassurant. Une fois une armure de mage abjurée, j’ai vérifié une énième fois mon matériel, l’accès à des potions de soin et mana et surtout à la fiole d’eau sacrée. J’imagine que les autres ont fait de même, apprêtant leurs armes. Toutefois, je ne me suis guère attardé sur eux : J’ai confiance en les autres maestrias quand il s’agit de combats.

Discrètement, les éclaireurs se sont hissés sur un promontoire rocheux pour avoir une meilleure vue sur un poste d’avant-garde. Linirielle et moi-même aurions dû y monter également pour faciliter notre visée pour nos sorts et mieux éviter les corps à corps. Toutefois, Naestrae, la responsable de mission pour ce soir-là, n’en a pas donné l’ordre, aussi avons-nous suivi la charge. Nous aurions pu métamorphoser les ogres pour éviter qu’ils donnent l’alerte. Le manque de gemmes néanmoins ne simplifie pas la transmission d’idées – et d’ordres d’ailleurs - et nous manquions de la coordination nécessaire.

Dès que l’ennemi fut à terre, nous avons pu apercevoir que nous avions offert un spectacle aux restes des cultistes. Le repli fut quelque peu chaotique. Linrielle et moi-même prenions le temps régulièrement de tracer quelques runes au sol pour ralentir la charge ennemie tandis que nous progressions en reculant vers Lumèche. Naturellement, les chasseurs corrompus festoyaient gaiement de chaque sortilège lancé et gonflaient à vue d’œil. Pourtant, nous n’avions guère le choix de les renforcer eux pour nous défaire des autres. Nous avons laissé le soin aux non arcanistes de les éradiquer et concentré sur nos efforts autant que possible sur la dislocation du groupe ennemi. Finalement, acculés, nous avons dû faire face.

Plusieurs gangregardes nous ont alors chargés. Je n’ai pas bien compris comment, trop occupé à préparer un sort, mais ils ont réussi à briser la ligne de fantassins pour atteindre Lisonelle. Linirielle et moi-même avons alors tenter d’éliminer celui-ci au plus vite. Néanmoins, il fallut l’intervention explosive d’Anyel pour écraser le gros des cultistes. Un pan de la paroi rocheuse s’est effondré sur eux, emportant la majorité des ogres. Pour finir de les achever, j’ai pris le parti de déchaîner une nouvelle tempête de givre sur les gravats et le nuage de poussière. Une sorte de pari. Naturellement, le risque de nourrir des chasseurs corrompus restait élevé, mais tuer les éventuels survivants d’autres types me paraissait plus judicieux. Puis, j’ai songé, à tord ou à raison, que dissiper ensuite la magie dans la zone des chasseurs corrompus pourraient suffire à renverser les effets si la situation dérapait.

Après l’explosion, la débâcle de cultistes et démons nous permit de reprendre l’avantage. Fantassins et éclaireurs, soutenus par les arcanistes, sont venus à bout des gangregardes, diablotins et des chasseurs corrompus restants. Nous reprenions notre souffle, rassemblions les blessés vers nos soigneurs lorsque Linrielle fit un vol plané et heurta le rocher. Des ailes noires ont envahi le ciel avant que la peur ne commence à s’instiller dans nos esprits. Quelques cultistes restant au camp avaient réussi à l’invoquer, le Seigneur de l’Effroi. Un instant, j’ai cru en voir deux. Sans doute était l’effet premier de leur terrifiante aura. L’odeur, la corruption, tout me prenait à la gorge. La tête m’en tournait. Puis, il a atterri, au milieu de nous, devant les lignes de maestria sans protection armurées. J’ai entendu un cri déchirant. Un souffle sur mon oreille, chaud, sulfureux me fit lentement glisser dans le passé, là où je ne veux jamais retourner. Sans que je ne le contrôle vraiment, une idée fixe s’est imposée à moi : Recouvrir le monde de glace ou tout geler pour que plus rien ne m’atteigne, ce qui revenait au même. En soi, ce n’était pas si idiot. Le froid du bloc de glace et la débauche rapide de magie nécessaire au sort permettent de se débarrasser de dissiper la plupart des sorts adversaires posés sur l’arcaniste. Enfin… je dois avouer que je n’en avais rien à faire sur le moment et que je n’y ai même pas songé. Le réflexe était purement défensif et obéissait à l’impérieuse envie de figer le temps à l’instant présent pour ne pas me laisser traîner dans mes propres abysses.

Le Chant de Lisonelle perça mon isolement. La Lumière de Naestrae fit de même. Je ne saurais dire lequel des deux me tira réellement de ma torpeur. Toujours est-il, que ce fut efficace. Le Capitaine gisait alors sous les pattes du Nathrezim. Des vrilles d’ombres atteignaient différentes personnes, Adryelle, Tare’sha et Lisonelle. L’épée de Salve-Serre flambait. Elle brûlait tellement fort qu’un instant j’ai cru qu’il s’était lui-même embrasé. Mes doigts crépitaient encore du surplus de givre et de magie, mais il me fallait un sort plus efficace. Tracée en vitesse, la rune sous mes pieds drainait la puissance alentour tandis que je rassemblais l’arcane entre mes mains. Il fallait la tordre, l’enrouler sur elle-même, la corrompre en givre et en feu, tout en gardant le contrôle absolu. Hors de question de toucher le moindre allié, chaque trait de flamme et de givre ne devait qu’atteindre le démon. Ironiquement, j’avais choisi le même sort que le premier montré au Maître à mon entrée dans l’Académie. Deux ans et demi de son enseignement en avaient fortement modifiés la puissance et la stabilité. Sur le moment, évidemment, je n’en avais que faire, mais avec le recul, j’en suis plutôt fier.

Toutefois, ce fut un Salve-Serre déchainé qui vint à bout du Seigneur de l’Effroi. Lorsqu’il explosa en une nuée de chauve-souris, un poids se retira de mes épaules. Des soins d’urgence furent donnés aux plus blessés, Capitaine en premier. Impuissant à aider ce genre de manœuvre, j’ai pris le parti d’aller vérifier le camp des cultistes. Vérifier que nous avions accompli la mission ? Trouver les disparus ? J’y ai évidemment songé. Plus honnêtement, la présence des autres m’était intolérable. Quelques années auparavant, je me serais sans doute téléporté ailleurs juste pour ne plus les voir, les sentir et les entendre. Peut-être est-ce un signe que j’ai mûri ? Ou que mon lien avec les Maestrias surpasse d’autres liens ?

Avoir un but précis aidait grandement à ne pas repenser à ce que le Natherzim avait fait surgir. J’ai fouillé le camp de fond en comble afin de retrouver les disparus. Hélas, leurs corps gisaient morts. Je préfère ignorer le genre de sévices dont ils furent les victimes. J’ai retrouvé également de la correspondance avec un humain de la Baie, avec un nom aussi moisi que ceux de gobelins et une carte avec la position d’autres campements. Anyel m’a rejoint pour me signaler le repli. Il semblait au moins aussi las que moi. Il a soulevé Linrielle toujours assommée mais en relativement bon état, tandis que j’incantais un portail pour les Pitons. Salve-Serre s’occupait du transport du Capitaine tandis que les autres s’entraidaient.

Arrivés à Sabot-de-Sang, les soigneurs se sont rapidement isolés avec le Capitaine pour le retaper. Chacun vaquait alors, perdu dans ses propres pensées, à des occupations routinières. Chacun combattait les conséquences de la rencontre avec ses propres moyens. Nul doute que celles-ci perturberaient encore l’équilibre de certains pendant quelques temps.
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