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 La Mélodie Brisée

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Inwëriel

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Messages : 75
Date d'inscription : 16/06/2012

MessageSujet: La Mélodie Brisée   Dim 9 Sep - 23:32

Introduction

Souvent, les autres races tendent à imaginer que la vie des elfes n’est qu’un long fleuve tranquille que leurs présences éphémères viennent à illuminer ou du moins en accélérer le cours. J’ignore exactement d’où l’idée leur est venu qu’une existence longue est forcément ennuyeuse et sans saveur. Peut-être n’est-ce qu’une question d’appréciation de « ce qui est bien et amusant ». Peut-être songent-ils qu’il n’y a qu’un enchaînement rapide d’événements qui présente intérêt…ou alors peut-être est-ce juste ma vie qu’ils se figurent morne. Je dois avouer que je l’ignore et n’en ai cure. Même si je n’ai pas l’audace de croire que ma vie fut et est particulièrement intéressante et palpitante, elle me l’a toujours paru suffisamment pour être vécu.

85 ans. Dans quelques mois, cela sera mon âge. J’en parais pourtant souvent moins aux yeux des gens. Sans doute ne suis-je pas assez aigri ou blasé pour qu’on cesse de m’appeler « le gamin » ou le « petit ». J’ai de la peine pour ces elfes, à peine majeurs, qui pensent avoir tout vu, tout ressenti et vivent leur vie comme s’ils attendaient la mort. Oh, ils ne sont pas vraiment suicidaires – majoritairement – mais rien ne trouve goût à leurs yeux à part la débauche crasse et se comporter comme des rustres. Pensent-ils sincèrement que de repousser tout ce qui a fait notre grandeur leur donnera un genre intéressant ? Je ne suis pourtant pas de ceux qui restent figer sur notre gloire passé, pas plus que je ne suis les règles établies avec une rigueur morale à toute épreuve. Je ne peux simplement pas fouler du talon toute une civilisation dans le but de paraître plus « mystérieux » ou me donner un genre de « mauvais garçon ». J’en viens même à me demander si je ne suis pas un anticonformiste à souhaiter préserver notre culture tout en apprenant des autres.

Je suis né dans une période calme de notre histoire. Les excursions trolls sur nos terres n’étaient que l’œuvre de quelques petites tribus sans importances. Nos rapports avec les humains restaient amplement suffisants pour satisfaire la curiosité et la cupidité de certains. Lune-d’argent était à son apogée de beauté. Ma mère me mit au monde au Solstice d’hiver. Il y a quelques croyances, souvent erronées, qui lient le moment de la naissance avec destin ou faculté. En l’occurrence, les enfants nés aux solstices d’hiver auraient un lien privilégié avec le plan de l’eau. Tandis que ceux nés aux solstices d’été auraient un lieu privilégié avec le plan de feu. Cependant la date n’a pas tant à faire avec ces considérations absconses, qu’avec une réalité autrement plus pragmatique : la date approximative de ma conception.
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Inwëriel

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MessageSujet: Re: La Mélodie Brisée   Dim 9 Sep - 23:33

Songe d’une nuit - Les fêtes de l’Equinoxe de Printemps

Recadrons. A la douceur de vivre de l’époque donnait lieu à des prétextes nombreux de faire la fête. La pleine lune, l’annonce de la naissance prochaine d’un héritier pour une famille noble, une récolte, l’ouverture d’un nouveau magasin, etc. En l’occurrence, de toutes les fêtes sur motifs crétins, celles de l’Equinoxe gardaient encore une certaine légitimité du fait du printemps perpétuel régnant sur nos terres.

Dans la famille de Sadric et Aeyelle Brumagile, comme dans les autres sans doute, ces instants de bonheur superficiels étaient généralement l’occasion d’une sortie en famille à l’une ou l’autre réception donnée par un voisin. N’allez pas croire que les Brumagiles font parti de l’aristocratie ou même de la haute-bourgeoisie. Même s’ils ont quelques accointances avec une Maison noble, ils sont simplement des commerçants. La fratrie de Sadric, fort nombreuse, couvrait de nombreux types de biens différents. Pour sa part, il marchandait des reliques ou des objets magiques entre les humains et les elfes – à l’époque -. Aeyelle tenait une échoppe d’alchimiste. Leurs clientèles respectives les obligeaient à fréquenter régulièrement des gens bien-nés.

Malice et Saerell, leurs enfants, adultes depuis bien longtemps, le couple avait allégrement répudié cette coutume au rang de souvenirs. A la place Sieur Brumagile avait décidé de partir durant quelques mois à Dalaran pour affaire en compagnie de son fils aîné et Dame Brumagile quant à elle, en plein dans une saison faste pour son commerce, avait revêtu ses plus beaux atours pour faire honneur à son hôte pour la célébration du moment.

Quoiqu’en dise la noblesse et la bourgeoisie, des maris et des femmes volages, il y en a toujours eu et il y en aura toujours. Tout est question du frisson de l’interdit et de discrétion. Aeyelle, bien qu’approchant les 450 ans, était restée une adolescente en mal de sensations fortes. De petite taille, menue, elle dégageait pourtant une énergie débordante. Vive, elle ne tenait jamais en place et il lui fallait toujours s’occuper d’une manière ou d’une autre. Pas de cascade de cheveux ébène, les siens étaient coupés court à la garçonne. Lorsqu’elle était libre des convenances, ils partaient dans tous les sens comme si un de ses alambics lui avait explosé à la figure. Pourtant, les toilettes les plus raffinées ne dépareillaient jamais sur elle. Elle pouvait passer de l’alchimiste à la commerçante sophistiquée en un claquement de doigt.

Ce soir-là, se tenait chez un de ses clients, une sorte de bal masqué. Si je me souviens bien de la tradition originelle, la superstition voulait que les jeunes gens recherchent leurs promis en dansant avec des inconnus masqués et retrouvent leur aimé à minuit. Ceux qui réussissaient se voyaient, soi-disant, garantir une union heureuse. Naturellement, cela datait d’une vague histoire s’étant déroulée des siècles auparavant et, depuis bien longtemps les fiancés trichaient en dévoilant les détails sur les déguisements à leur futur moitié. De plus, par extension, ce type de soirée était devenu l’occasion pour les amants de s’afficher ensemble sans le faire réellement, ou de se « déclarer ». Bref, les hormones étaient en ébullition.

Aeyelle dansa et rit toute la soirée. Au bras d’un barde, l’alcool lui serait monté à la tête et celui-ci, galant, lui proposa alors une promenade. Ma sœur s’est toujours fait un devoir de me raconter ce qui se passa ensuite avec force détails sordides. Par souci de ne plus entendre ces horreurs, je me contenterai de vous reporter la version édulcorée : Le ménestrel joli-cœur chanta quelque sérénade à Aeyelle. Emportée par les douces promesses du faquin, elle lui aurait offert un baiser. La fièvre de l’instant les aurait pris tout entier. Et ainsi, sur le rebord d’une fontaine au clair de lune, je fus conçu.

Quelques semaines plus tard, lorsque Mère constata qu’elle était enceinte, elle prit la résolution de me garder, tout batard que je fus. Toutefois, au lieu de confesser à son époux sa faute, elle la garda secrète et partagea à nouveau fréquemment la couche de Sadric. Elle lui annonça quelques semaines plus tard qu’elle portait à nouveau un enfant. Ainsi, sa grossesse se déroula parfaitement bien, jusqu’à ma naissance. L’arrivée d’une petite tête déjà blonde dans une famille où toute la lignée a les cheveux sombres, prématurément d’un gros mois par rapport au retour de voyage de l’époux, souleva beaucoup de questions. Ainsi, à peine remise des affres de l’accouchement, Mère dut rendre des comptes. Je ne sais exactement comme elle s’y est prise pour faire reconnaître un batard à son époux, mais elle y parvient avec une certaine facilité.

Quant à mon géniteur, je ne sais presque rien de cet elfe, hormis ce qu’elle a bien voulu me livrer. Apparemment, le contraste avec son époux l’aurait séduite plus qu’autre chose. Là où Sadric était froid, calculateur, ténébreux et hautain, il était chaleureux, généreux, doux et charmeur. Je sais qu’il était de taille moyenne, très mince avec des longs cheveux blonds et élégant. Je sais aussi que sa couleur favorite était le rouge, car Mère ne cessait de me le répéter. Je me rappelle également que c’est pour cette raison que j’ai toujours répondu « bleu » à cette même question, juste pour me distinguer de lui. Mais je sais aussi que la moitié de ce qu’on m’a conté de lui sont des mensonges et pour cause : Mère me l’a révélé sans le vouloir. Mais peut-être devrais-je commencer par le début au lieu de m’égarer sur les différentes possibilités.
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