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 Utapahe Nuage d'Aube

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Utapahe

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MessageSujet: Utapahe Nuage d'Aube   Ven 27 Nov - 15:55

Utapahe Nuage d’Aube : le Crépuscule d’une vie.

Juché sur un mont de l’île de la Dispute, Utapahe s’assis, une pipe de corne de lézard tonnerre en bouche. La journée avait été éreintante. Depuis combien de temps n’avait-il pas eut de pareille journée ? Son instructeur avait beau être elfique, il était endurant. Mais si une chose est resté de son passé, c’est bien l’endurance et le refus de laisser une tâche inachevée. Le soleil se couchait, et le Tauren lui tournait le dos, afin de voir la nuit se lever plutôt que le jour se coucher. Question d’optimisme. Sa pipe se mourrait, et d’un geste presque mécanique, Utapahe prit la pipe pour la tapoter au sol à ses côtés avant de la ranger. Puis, lentement, il remit la pipe dans son étui avant de sortir sa boîte d’encens. Deux bâtons dans trois encensoirs, qu’il alluma à l’aide d’une tige métallique et un silex. L’encens prit et commença à se consumer lentement. Doucement, le Tauren ferma les yeux, calmant la respiration jusqu’à la rendre rare, lente, apaisée. Ce rituel ce faisait chaque pleine lune. Chaque pleine lune était dédiée à la mémoire. Replonger dans le passé, le revivre pour ne jamais oublier. Ni oublier les vivants, ni morts, ni les ennemies. Comment pouvait-il oublier après tout ? Il porte encore maintenant les marques du passé. Une inspiration de plus et son corps devint sans sensation, son esprit se noyant dans un trou noir, plongeant dans le fond de lui-même…

Le soleil était encore couché, mais l’aube allait arriver. Utapahe voulu ouvrir les yeux, pour découvrir avec le plus grand plaisir interne, que son esprit était éveillé, mais son corps dormait encore. C’est des instants comme ceux-ci, car il ne se possédait pas, et pouvait se concentrer sur autre chose. Il tendit l’oreille, peut être pour entendre Cairne, son frère ainé, s’éveiller en grognant comme à son habitude. Attendant, Utapahe sourit. S’il ne l’entendait pas, c’est qu’il était éveillé et allait renter pour déloger son frère. Mais justement, il semblait régner un silence étrange sur le village. Ce n’était définitivement pas normal, et ce silence réveilla Utapahe d’un bond. Et c’est à ce moment que l’enfer sur la Terre Mère dévala. Le silence fit place aux cris, aux bruits de flammes. Sortant la tête de sa petite tente, Utapahe vit le chaos enflammé sur le village. Une voix lui hurla de reculer ce qu’il fit juste à temps : une lance déchirait la toile de tente, et n’aurait pas manquée le mufle du Tauren. Arrivé sur les fesses, Utapahe lança un regard excité autour de sa tente. Y voyant la fourche il la saisit et s’élança dehors. Atterrissant de l’autre côté, il roula sur son épaule gauche, et une fois debout se mit en appui comme pour ramasser une lourde meule de foin. Et ramasser ce qu’il fit. Un centaure brailla en sa langue barbare, tournoyant sa lame vieillit vers le Tauren. Il la tenait en main droite, et allait très vite ; mais, pour Utapahe, le temps ralentit, au point de voir la goutte de sueur quitter le front de son assaillant. Il se cru en joute traditionnelle du village, où pour prendre l’avantage, se glisser dans le dos de l’adversaire est la seconde manière d’y parvenir. La première étant de prendre une charge de plein fouet et l’arrêter comme un rempart. Mais, cette fois, l’adversaire était armée de métal, lui de bois. Il devait attendre un peu plus. Encore un peu plus. Maintenant ! Utapahe fit un petit pas de côté, avant de se laisser rouler latéralement. La lame siffla au point de frôler sa corne droite. Quand il fut rétablit, fourche entre les mains, il projeta toute son adrénaline dans le mouvement d’estoc. La fourche se brisa, mais ses trois dents restèrent plantées dans la cuisse du centaure qui hurla de douleur, s’écroulant après trois pas. Mais Utapahe ne sentait plus rien sauf le besoin d’achever ce centaure. Lui sautant dessus, un pied sur la cuisse meurtrie, le centaure tenta d’asséner un coup aveugle avec son arme. Peine perdue, Utapahe attrapa le poignet, de l’autre main frappa l’avant bras, brisant les deux os sous le hurlement de l’infortuné. Il ramassa la dite lame sous les jurons.
Avant qu’il ne puisse retirer l’étincelle de vie de son ennemi, un second arriva en braillant tout aussi fort que son frère, une lance en avant, une rondache lui couvrant le torse. Faisant volte-face, il ne fallu que le temps de le voir pour penser à la même manœuvre qu’auparavant. Il se laissa tomber sur le côté, et avec l’épée, fit un mouvement inutile pour écarter la lance. Comme la dernière fois, le centaure montrait sa croupe au Tauren, qui lança son arme dans le flanc de l’homme cheval. La lance chue, les pattes avant patinèrent quelques secondes, alors qu’il trébucha sur le premier centaure. Se relevant, Utapahe s’élança à nouveau. Il ne sentait plus son souffle, se sentait en pleine forme, plein de violence à laisser sortir. Il se sentait en vie. Au passage reprenant la lance, il déchaussa et brisa la mâchoire du premier blessé d’un coup de hampe, et, continuant le mouvement, fit tourner à la façon d’une baguette de majorette, la funeste lance, pour la retrouver pointe vers le bas. Un appui sur le K.O, le Tauren sauta pour embrocher le second centaure à demi conscient. Le sang éclaboussa le pelage d’Utapahe, qui, encore torse nu, se vit repeint en rouge-marron-blanc. Alors que la vie du centaure partait, son meurtrier sentit le poids des efforts, le souffle court, resta ainsi, un genou à terre, tenant la hampe de la lance fermement entre ses mains.
Ainsi s’écoula pour ce qu’il prit pour une minute, immobile, deux corps de centaures inanimés autour de lui. Il fallu, encore une fois, un cri pour le tirer de sa torpeur. Car c’était une torpeur. Jamais il n’avait tué un être vivant, et le voilà l’instigateur d’un meurtre et peut être même deux. Le cri le rappela à son étonnement macabre. C’était Kirmiah, une jeune taurène du clan, qui courrait vers lui, le visage apeuré. Au détour d’une tente, deux centaures armés de masses la talonnaient. Au sol, la rondache était posée face contre terre et derrière Utapahe, la lame du premier. Tendant le bras en arrière, oubliant ses principes et sa vision de mort, il retira d’un coup sec la lame ensanglantée, et de l’autre bras, il saisit le bouclier.

- Uta ! cours ! lui somma-t-elle, arrivant à son niveau. Cours ! Ils vont tous nous tuer !
- Pas question… répondit-il, surpris qu’il eut la force de prononcer quoi que se soit. Sa voix était rauque, placide.

L'odeur et l'appel du sang.
Dangereux baptême.

Kirmiah s’arrêta quelques mètres après avoir dépassé son ami, et observa la scène qui suivit. Utapahe n’avait jamais combattu, comme qui que se soit dans le clan. Mais en lui, il sentait qu’il savait ce qu’il devait faire. Il savait que les masses devaient être déviées par le bouclier. Il savait que le bouclier allait faire office de diversion. Mais il savait qu’ils étaient deux qu’il ne fallait que les prendre l’un après l’autre. Alors il fit un pas de côté, machinalement, mécaniquement leva son bouclier en rempart, la lame vers le bas, derrière lui. Lorsque la masse arriva de plein fouet, il revient à sa position initiale, une voix lui hurla de « pousser ». ce qu’il fit. Le mouvement de bouclier vers l’avant fit voler la masse des mains du pillard, pendant qu’il saisit sa lame à l’envers, demi- tour, finissant la contre offensive en entaillant sévèrement le flanc du premier attaquant. Le second s’arrêta devant Utapahe, incrédule. Le Tauren, comme dirigé par un marionnettiste, se remit en garde, bouclier en avant, cette fois la lame derrière le bouclier, en avant. Les deux s’évaluèrent un instant, puis c’est le Tauren qui fit le premier pas, parcourant la trentaine de mètres en des enjambées rapides, le centaure se cabra, prêt à réceptionner le coup. Utapahe sourit. Il avait voulu ça. S’arrêtant net, il planta son genou à terre, lançant la lame de toutes ses forces vers le centaure. Celui-ci accueillit la lame droit au cœur, les yeux écarquillés, retombant mollement, la masse touchant terre juste avant son propriétaire.
Sans attendre qu’il se relève, même mort, Utapahe fit les deux derniers mètres pour reprendre sa lame. Il fixa le visage. Il le fixait encore, lorsqu’une douleur atroce l’attrapa par derrière.


Il ne l’avait pas sentit venir.

End Chap. 1


Dernière édition par Utapahe le Mar 9 Mar - 8:31, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Utapahe Nuage d'Aube   Lun 8 Mar - 0:33

Chapitre II : Au bout de la nuit
Au réveil, son crâne semblait se faire marteler de mille becs d’oiseaux, et une grimace lui échappa, pendant qu’il se relevait, main sur la douleur. Les yeux encore clos, il ouvrit doucement, laissant ses yeux s’habituer à la lumière rasante et aveuglante du crépuscule. Rassemblant ses souvenirs, il se revit prendre sa lame, et cette douleur qui lançait attestait de la raison de son inconscience. Mais plus que la vue c’était l’ouïe qui le fascinait : un bruit de feux, plusieurs feux recouvrant le silence du camp. Balayant son horizon, il eut sa réponse. Les brasiers, d’où une odeur de chair brûlée, âcre et puissante s’échappait, étaient constitués des corps de Taurens. Les flammes dansaient sur leur corps inertes et pour la plus part déjà rongés aux os, sous les yeux impuissant d’Utapahe qui titubait, approchait de ce qui lui semblait être un cauchemar ; car ceci ne pouvait être vrai. Mais sans nul doute, il y avait des Taurens, son peuple, dans les torrents incendiaires. Il s’effondra en hurlant, poings serrés, et hurla longtemps au ciel. Puis ; il se laissa partir, les yeux au ciel, dans sa contemplation. Les premières étoiles pointaient, sur un tapis céleste rouge et bleu.

Dans les légendes du clan ; les Taurens valeureux et méritants allaient se joindre aux astres pour former les constellations, guidant ainsi leur prochain vers la voie sereine. Ce soir, les étoiles de l’Ouest brillaient ardemment ; le reste des astres semblait lui se cacher. Respirant lentement, les yeux grands ouverts, Utapahe contempla ce qu’il prit pour un signe de ses ancêtres. L’odeur de chair lui brulait encore les naseaux, et la vue des brasiers le rendait encore malade. Il se releva lentement, et chercha parmi les cadavres centaures quelque chose qui l’indiqua par où ils étaient partis, bien que les ancêtres aient montrés l’Est. Les cadavres étaient dépouillés, à l’exception d’un. Sur lui pas grand-chose, si ce n’était un bouclier usé aux motifs tribal. C’était ça de pris qu’ils n’allaient pas reprendre. Défigurant le bouclier comme un visage inconnu, le tauren l’effleura, ses doigts heurtant doucement le sang séché, il fronça les sourcils. L’odeur des corps ne lui brûlait plus les naseaux, elle n’était qu’une odeur lointaine qui ne le touchait plus. Sa tête ne sonnait plus comme des coups de marteau sur le bois ; ses membres n’étaient plus endoloris, mais éveillés et tremblant. Comme lorsqu’il fit tomber le premier centaure, un goût âpre et métallique lui emplit la bouche, le goût du sang l’envahissait. Il devait partir, quitter cette terre pour chercher, traquer les centaures, libérer les siens. Si besoin, les tuer. Sa vie entière avait été passée à la paix, à l’écoute des éléments, à la bonté, la patience et le travail. Il se releva, la respiration lente, déterminée et le regard rempli de promesses de vendetta.

Utapahe emboita un pas de course, un pas de fond, le regard rivé vers l’Est. Le bouclier pillé ne semblait rien peser sur son bras. Le vent glissait sur son pelage, sans procurer aucun plaisir d’antan. La nuit étendait son aval sur le ciel de Mulgore, déroulant son apanage d’étoiles. Mais il n’avait pas la tête à lever le mufle, s’extasier devant le ciel dégagé aux étoiles brillantes. Cette nuit, ses sabots allaient devoir parcourir les lieues qui le séparaient des siens. Il était en chasse.

Il traquait.

Fin Chapitre 2: Au bout de la nuit
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MessageSujet: Re: Utapahe Nuage d'Aube   Dim 27 Juin - 20:01

(vu le nombre de pages à taper de ce BG, des tropismes feront l'affaire je pense, pour retranscrire le passé de Utapahe).

*** *** *** *** *** *** ***
Après le réveil brutal qu’avait provoqué Elenwë et son cauchemar, Utapahe ne trouva plus de sommeil durant cette nuit, aussi s’assit-il sur une chaise pour veiller les deux elfes, ne serait-ce que pour surveiller la sœur et veiller la nouvelle, lui assurer que quelqu’un était là, et rien ne lui arriverait de mal. Une sentinelle, son rôle qu’il affectionne le plus. Le temps passant, le tauren alluma sa pipe, faisant ainsi luir quelques braises par intermittence, dans l’obscurité du dortoir, le grésillement du tabac faisait sauter le silence entrecoupé déjà par les lentes respirations des maestria présents dans le bâtiment. Alors que la fumée encensée sortait de la pipe, une mémoire revint, lentement, une tranche de son passé ressurgit doucement…
Certains réveils sont horribles car impuissants à réveiller le corps, tout juste l'esprit. Le tombeau de l'âme, réellement. Ce fut ce réveil qu'Utapahe subit. Son corps, lourd, ignorant son désir de se mouvoir, semblait bouder ses pensées, alors que son premier sens se mis en éveil; l'ouïe. Tout d'abord un bruit de métal qui grince, des sabots de chevaux, de terre et d'haute herbe étant traversés

- GarShan Alnor Tvelsha Ikut!

Des éclats de rire en réponse à la langue inconnue, proférée par une voix rauque et railleuse. Douloureux premiers sons venant d'un piteux réveil. Le commandement de son esprit marchant au ralenti, il fallu quelques instants au Tauren encore sous le coup de l'assommoir, pour recouvrir un second sens: l'odorat. Car l'odeur présente était celle du sang, ce sang qui lui avait fait perdre tout contrôle, qui avait déclenché cette soif inextinguible de violence, de mort et de combat. Du sang et du métal. Un métal omniprésent dans son espace. Déglutissant, Utapahe se rendit compte qu'il avait dans la bouche, pâteuse, un arrière goût de sang, que sa langue alla chercher au terme d'un effort grandissant, à l'intérieur de sa bouche.

Vint ensuite, un des plus importants: le toucher. Ses nerfs se remettaient en marche, émettait à nouveau au cerveau une multitude d'informations. Trop d'informations, que le tauren voulu répudier d'un grognement, n'aboutissant qu'à un dodelinement de la tête mou et qui passa pour inconscient. Mettant de l'ordre, il senti ses mains entravées, les bras en croix, relevés au niveau du coude, ayant butés contre une grille de métal, des chaînes allant des mains au creux du bras. C'était donc un voyage comme prisonnier qui l'avait happé. A genoux, ces derniers lui lançaient des messages de douleur, tout comme ses épaules, à force d'être sur élevées. Combien de temps était-il resté ainsi; attaché comme une bête sauvage? C'en était trop, il devait se réveiller au plus vite, comprendre son statut, sa situation, son emprisonnement.

Aussi, dans un élan de survie, ses yeux s'ouvrirent brusquement, et ce fut comme sortir d'apnée. La respiration jusque là avait continuée une allure lente, d'un dormeur, mais là, l'appel d'air fut trop grand pour l'inspiration qui en demanda un renfort.

Une cage. Il était dans une cage, attaché comme il l'avait senti. Sa cage était tractée par deux chevaux et un être bipède, au teint mat, sans poils aux bras, ni à la nuque, tout juste un début de pelage sur le crâne et le visage qui se tournait vers lui. Apparemment son réveil avait attiré l'attention et un sourire narquois, plein de mépris, courba les traits de l'humain. A première vue, leur corpulence ne donnait aucun avantage face à un tauren, mais Utapahe avait déjà usé de violence, de trop de violence pour une vie, en se défendant contre les centaures. Aussi au babillage humain et railleries, moqueries, ne baissa-t-il que la tête… Il commençait sa vie d’esclave, prise de bataille… De bête de somme… Et la balade dura quelques jours.
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